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TENNESSEE BERDAT

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Le vilain petit canard

Le vilain petit canard

Chers Outsiders,

Le processus d’immigration fut long et fastidieux. Obtenir sa résidence permanente n’est pas de tout repos. Mes parents ont mis environ 3 ans! 
3 ans de conférences, de recherche d’informations et d’apprentissage. 
Entre les demandes et les formulaires à remplir, les justificatifs d’une vie à fournir, l’obtention des équivalences, les examens médicaux, et les longues périodes d’attente de traitement de dossier et de réponses.
- “Déménager au Canada, soyez-en certain vous prendra définitivement plus de deux jours!”.

 Je me souviens d’ailleurs en avoir parlé à plusieurs reprises avec mon frère et ma soeur, ou même ma meilleure amie Alexandra, tous pris d’une certaine angoisse par moment. 
Se lancer dans une nouvelle aventure a un côté très excitant. Mais penser qu’on laisse derrière soit ses amis d’une vie ainsi que sa famille, rend la chose tout de suite beaucoup moins attrayante. 
- “Tu te rends compte peut-être que c’est la dernière fois qu’on fait ça, ici, ensemble?!”.
- “Sincèrement fraté, vu le temps que ça prend, dans cinq ans je suis encore ici, alors on va pas commencer à se prendre la tête pour rien!”.

Puis ce n’est pas vraiment le sujet mais j’ai un avis totalement favorable sur l’immigration controlée que pratique le gouvernement canadien contrairement à la politique d’immigration française.
- “Dieu merci, il y a encore des choses dans ce bas monde qui ont encore du sens!”.

Ceci étant dit, à la décharge de la France, on doit quand même admettre que le Canada est particulièrement favorisé par sa position géographique!
- “A part des pingouins, il y a très peu de chance de voir qui que ce soit débarquer clandestinement sur le territoire canadien du pôle nord!”. 
Ce qui n’est pas le cas des français, qui sont frontalier avec de nombreux pays et dont les conditions climatiques favorise l’immigration! 
- “A moins d’avoir, une très haute résistance au froid, s’aventurer à traverser l’océan en direction du Canada, relève du suicide. Et personne n’a été encore assez fou pour vouloir mourir transformer en Ice-berg!”. 

Bien entendu, il faut aussi être chanceux! Mais dans l’ensemble, si vous remplissez les conditions requises (qui vous sont d’ailleurs clairement énoncées), vous finirez, par obtenir, à force de patience et de courage, votre aller simple pour le nouveau monde! 

Mes parents ont obtenu leur invitation à rentrer sur le territoire début décembre de l’année dernière. 
Le 18 décembre, ils étaient résidents permanents. Leur demande comprenait mon frère et ma soeur de 17 ans.
- “Et moi dans tout ça?!”.
Et bien moi je suis le vilain petit canard de la famille! L’unique “clandestine” du clan Berdat!
- “Comme d’habitude, il fallait que ça tombe sur moi!”.

En effet, j’ai eu mes 22 ans en Avril et mes parents ont été enfin invités à présenter une demande de résidence permanente le 30 Juin 2018! Or, si la l’invitation était arrivée avant la date de mes 22 ans, j’aurai pu être considéré, comme mon frère ou ma sœur, dépendante du requérant principal. Pour quelques jours, ce n’était pas le cas ! 

Les règles d’immigrations canadiennes stipulent que les personnes âgés de 22 ans et plus, doivent présenter une demande de résidence à part, étant considérées comme des adultes libres de leurs choix.
- “Une adulte?! Moi?! Non, mais vous m’avez vu?!”.

Ce qui, en vivant ici depuis maintenant prés d’un an, et en ayant un aperçu de la vie des gens, a maintenant un sens.
Acquérir une certaine indépendance, ici, est beaucoup plus facile, ce depuis votre plus jeune âge. Ce n’est qui n’est malheureusement pas le cas de la France ou de l’Italie. 

 Les français et les italiens n’ont pas la chance de travailler en effectuant simultanément des études. 
- “Entre étudier et travailler, il vous faudra choisir!”. 

Les rythmes scolaires et universitaires sont tellement élevés qu’il est souvent rare d’avoir la possibilité de faire quoi que ce soi à côté. 
- “A moins que vous fassiez partie de la famille des zombies et qu’une heure ou deux de sommeil par nuit, vous suffisent à être efficace tout au long de la journée!”.

De plus, il n’existe pas de jobs étudiant à proprement dit en dehors des vacances scolaires estivales! Il vous faudrait donc obtenir un travail à mi-temps, pour un minimum de 24 heures par semaines. 
Tout ceci en admettant qu’après vos 40 heures de cours par semaines, vous ayez le temps d’étudier et d’ajouter à tous ceci vos heures de travails. 
Pour être sincère, très peu y arrive. 
- “En tout cas, ce n’était pas mon cas! J’ai du étaler mes examens sur une année supplémentaire pour pouvoir enfin obtenir mon diplôme!”.

C’est d’ailleurs pourquoi beaucoup d’étudiants arrivent à la fin de leur parcours universitaire sans aucune expérience professionnelle! 
- “Une autre démonstration des nombreux problèmes que présente le système français!”.

La vie coûte cher et les loyers sont élevés. 
En France, et pour ma part sur la côte d’Azur, rare se font ceux qui peuvent se permettre aujourd’hui de se loger et de vivre sans faire d’énormes sacrifices ou, pour les plus chanceux d’entre eux, sans le soutien financier de leur famille. 

J’étais donc au pied du mur. Je n’avais pas les atouts requis pour être nominée par le Nouveau-Brunswick en tant que résidente permanente. Et je n’avais pas non plus les ressources nécessaires pour demeurer en France sans aucune aide.

Je travaillais pour Zadig et Voltaire et j’avais un salaire… Mais rien qui me permette de me loger et me nourrir, de payer mes factures et mes impôts, tout ceci même en vivant dans un quartier défavoriser de Nice!

C’était donc presque évident. Puisqu’à Nice, il n’y aurait jamais eu de futur pour moi. Autant forcer le destin ailleurs. 
-”Canada! Me voilà!”.

Je suis donc arrivée en touriste avec un visa de 6 mois, en espérant trouver une solution durable entre temps.
-”Autant vous dire, qu’au moment de passer la douane à Montréal, j’était loin de faire la maligne!”.
Traumatisée par l’émission tv “Airport Security”, j’avais peur qu’on me renvoie chez moi, en considérant ma situation comme suspecte! 
- “Je l’admet, j’ai de léger problème mentaux… Mais rassurez-vous je me soigne!”.

Il était 5 heures du matin pour moi à ce moment là, et je n’avais pas dormi depuis la vieille. 
- “J’étais épuisé et pour couronnée le tout en sérieux manque de nicotine!”. 
Et je devais répondre a des questions absurdes mais nécessaires en gardant une certaine cohérence et surtout, essentiellement mon calme!
- “Ce qui relève du miracle!”.

- “Mission accomplie!”.
La douane, après une bonne heure, enfin passée, me voici enfin sur le sol canadien!

Inutile de vous précisez, qu’il ne s’agissait pas des meilleures conditions d’arrivées!
Mon avenir au Canada était pour le moins incertain. 
La seule solution qui s’offrait à moi était de trouver un emploi afin de pouvoir demander un permis de travail. 

Si vous vivez au Canada depuis quelques temps déjà, vous devez savoir que trouver un emploi ici est très loin d’être un problème. J’ai moi-même obtenu de nombreuses propositions d’embauche.
- “Maman, tu te rends compte?! Ils me veulent! Moi!”.
Malheureusement, ma situation n’étant pas régulière, l’opération n’était jamais finalisée.

Les entreprises canadienne peuvent vous aider à obtenir un permis de travail à condition de prouver qu’ils n’aient pas trouvé chaussures à leurs pieds parmi les canadiens au préalablement en ce qui concerne le poste à pourvoir. 
Rare sont cependant celles qui connaissent les procédures et qui aient la patience de s’y engager.

- “Dieu merci!”.
J’ai été tirée au sort en février par le gouvernement canadien et obtenu un permis de travail ouvert d’une validité de 24 mois.
Le jour suivant je passais la frontière de St Stephen, NB, permis de travail activé en main!

L’aventure pouvait alors finalement commencer!
Adieu le stress, les nombreux échecs et la “clandestinité”. Je pouvais finalement, légalement me considérer comme une immigrante canadienne! 

 Evidemment le permis de travail n’étant valide que 2 ans, il s’agit d’une solution temporaire. 
J’ai depuis effectué une demande de regroupement familial. Le chemin est encore long avant d’enfin pouvoir obtenir ma résidence permanente! 
- “Qu’est-ce qu’il faut pas faire pour devenir canadien!”.
Mais cette fois, c’est sur, je suis sur la bonne voie!

Je vous souhaite une bonne fin de journée!

Tennessee

Le Nouveau Monde

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Bienvenue au Canada

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